Anecdote 26
Anecdote 26
Quand l’arbitre se met à douter !!!
Arbitre international depuis 1965 j’ai eu l’honneur et la responsabilité d’arbitrer les plus grands et dans tous les modes de jeux.
J’ai eu quelques incidents, mais le plus marquant fût celui qui se produisit lors du Championnat d’Europe (cadre 47/2) qui se déroulait en 1980 à Vincennes.
Les demi-finales opposaient CONNESSON à BONGERS.
Le Hollandais en cours de série se plaça une position fort délicate. En effet sur le cadre rectangulaire, il se mit une position « dedans » où la bille 1 était très près de la 2, et un massé était obligatoire. Mais voilà, il fallait sortir la bille 3 qui devait parcourir au moins 1,5 mètres ! Bongers hésita, il ne pouvait jouer que ce massé, il exécuta le point, sortit la bille 3, mais j’annonçais « faute », car à mon humble jugement, il était obligé de pousser pour sortir la bille.
Qu’avais-je annoncé là ! Le joueur furieux me dit que le point était valable, cela dura deux bonnes minutes , et c’est long, d’autant plus que le président de la fédération hollandaise, qui assistait au match, m’interpella devant tous les spectateurs en me menaçant d’informer toutes les instances dirigeantes !.
Il m’en fallait plus pour capituler, je maintenais mon annonce, la partie reprit et Connesson gagna.
Inutile de vous dire les commentaires des spectateurs, des amis qui ne comprenaient pas ma décision etc. etc.
Inutile de vous dire la mauvaise nuit que j’ai passée, et le lendemain j’étais désigné pour arbitrer la finale (Connesson-Hose) avec Maurice COYRET.
Et c’est là où l’anecdote commence, la première séance opposait le fameux BONGERS à BOUREZG. Georges rata le point de départ et le champion hollandais aligna une série de 400 ! C’était incroyable comment il avait récupé..
Avant la finale, au bar, bon prince et pas rancunier, je félicitais Bongers de son exploit, et miracle il ne m’en voulait plus et son président venant me trouver me dit : "monsieur l’arbitre, on oublis tout, je vous offre un verre" !
J’ai su par la suite que le champion belge, Wesenbeek, participant, était intervenu pour prendre ma défense, en disant qu’il y avait bien faute.
Pour terminer le mot de la fin revient à Georges BOUREZG, qui avait fait venir tous ses amis de Meru, et qui me dit en riant : " je suis le joueur le mieux payé de la journée, j’ai fait zéro point et j’ai eu les mêmes indemnités que mon adversaire "!!